L’exposition de Raúl Villullas à la Galerie Anaphora et la première exposition personnelle de l’artiste. Cette exposition rétrospective rassemble des oeuvres sur une douzaine d’années, à partir de 2013. Il s’agit avant tout de gravures sur bois, de quelques peintures (acrylique sur papier) choisies parce qu’elles sont à l’origine d’un bois, de rares pointes sèches sur rhénalon et de petites aquatintes. Témoignage de l’artiste sur les thèmes de ses oeuvres : « Mon oeuvre s’appuie sur un imaginaire personnel fondé sur le goût de la poésie, de la littérature et de la musique ; les références à la mythologie et aux symboles y sont nombreuses. Mes compositions présentent des personnages, des visages, souvent des arbres, des oiseaux, des ruines : elles s’appuient sur des associations d’éléments qui comportent toujours une forte charge de sens, tout en donnant lieu à des interprétations ouvertes, suggérant de multiples histoires et des narrations riches d’imagination et de poésie. »
En faisant défiler les gravures sur bois de Raūl, on constate une évolution intéressante au fur et à mesure de la douzaine d’années de création représentée dans l’exposition. Les gravures en noir et blanc – pour l’instant plus nombreuses que les gravures en couleurs – ont évolué vers un style personnel où l’imbrication des lignes et des formes contribue à créer un univers onirique et poétique intemporel. En parallèle, les gravures en couleurs, nécessitant l’emploi d’une dizaine de matrices, tout en alliant contours noirs et plages colorées, suivent une évolution différente : la diversité des couleurs et leurs contrastes s’imposent à l’oeil au détriment du dévelopement de la ligne (« La lune », « Danse la nuit » 2022). Cette tendance un peu plus statique des compositions en couleurs se transforme cependant peu à peu. Le lien entre contours noirs ou en couleurs et plages colorées tend vers une harmonie plus dynamique, comme dans « Le tissu des rêves » de 2024. Raūl Villullas tient à continuer à graver des images en noir et blanc et en couleurs, il dit avoir « besoin de trouver des équilibres et entrelacer des projets en noir et des projets en couleurs ».















