La matière première des gravures de Véronique Trimming semble surgir du cuivre de façon plus ou moins accidentelle, les formes imprécises suggèrent plus qu’elles ne montrent, parfois issues de palimpsestes réels (anciennes traces sur une plaque de cuivre) ou créées lors des transferts photographiques. Elles apparaissent ou disparaissent, dans un mouvement ambigu : vent, tempête, ou… le temps qui passe ? Des silhouettes humaines aux contours flous, des fantômes qui font corps avec la matière du paysage ou tentent de s’en détacher en vain (voir « Naissance des fantômes I »), de forts contrastes d’ombre et de lumière confèrent aux paysages crépusculaires une tonalité angoissante, voire dramatique, que seule la pratique du noir et blanc peut permettre (voir « Jour de colère », « Le Styx »).
Un des thèmes récurrents de Véronique Trimming est celui de la mémoire et tout ce qui peut s’y rattacher : l’enfance, le souvenir, la nostalgie, le mythe d’Orphée… -. L’artiste en parle ainsi : « Une interrogation récurrente sur la mémoire, sa trace et son impossible effacement relie les œuvres entre elles au-delà de la diversité des techniques que sont l’eau-forte, le transfert photographique et le monotype. Cette interrogation sur l’empreinte est constitutive du travail de gravure et c’est entre effacement et inscription, deux pôles contradictoires, que se joue l’essentiel de mon travail ».















